Roger Landon Hall, le réalisateur du premier clip de Groundation m’as accordé un peu de son temps pour parler du clip, de sa rencontre avec Harrison Stafford et de ses projets futurs aux côtés de Groundation.

The interview is available in English -here- /L’interview est disponible en version originale -ici-

Le premier clip de Groundation, réalisé par Roger Landon Hall avec Dan Esser

Antoine (Groundation.fr) : Pourquoi avez vous choisi la chanson “What Could Have Been” pour faire un clip ? Roger Landon Hall :

Je ne me rappelle plus qui a choisi « What Could Have Been » mais c’est très probablement Harrison, Marcus et peut être d’autres personnes de Young Tree (NDLR : leur propre label : Young Tree Records). Tout ce que je sais c’est qu’Harrison voulait faire un clip tiré d’une chanson du nouvel album donc il a pensé que « What Could Have Been » serait une grande idée pour démarrer. L’idée qu’on a eue avec Harrison était de faire un film sur l’album complet. Certaines parties pourraient ressembler à des clips et d’autres pourraient ressembler à un film avec des dialogues et un son naturel. Dans les parties cinématographiques, les chansons d’Upon The Bridge pourraient être utilisées comme bande originale et pourraient être manipulées pour coller à l’ambiance de la scène. Par exemple, dans une scène à dialogue, tout ce qu’on entendrait serait la ligne mélodique avec un piano ou une trompette tout le long de la chanson. Ainsi, dans les parties du film, les visuels suivraient la musique, comme dans un clip, et dans les autres parties, les chansons seraient remixées et adaptées aux scènes avec des dialogues. Il y aurait même des parties sans aucune musique. « What Could Have Been » a été choisi, simplement parce que c’est le début de l’histoire.

A : Peux-tu nous en dire plus sur le budget du clip ? Roger L.H. :

Le budget était très restreint. Le coût de la production a été maintenu aussi bas que possible. L’équipe de production était composée de moi, mon cameraman et l’acteur, qui a aussi aidé à la production. Je ne veut pas parler de chiffres, mais je vais dire que le budget pour le clip était dérisoire comparé aux nombreux clips qu’on voit aujourd’hui. Ca a été fait très soigneusement et on a fait attention à ne rien gâcher.

A : Qui est l’acteur qui joue dans le clip ? Comment s’est passé le tournage ? Roger L.H. :

L’acteur est mon grand ami Dan Esser. Dan, Harrison et moi avons grandi ensemble à Pleasanton, en Californie. Nous faisons partie d’un formidable groupe d’ami et nous nous connaissons depuis que nous sommes enfants. Pareil pour le photographe Sean Slater. C’est un vieil ami à moi qui vient de « P-Town » également. On peut aussi inclure Giovanni Maki, directeur artistique du groupe. Simplement de bons amis qui s’aiment et qui aiment travailler ensemble. Le tournage a duré 5 jours à raison de 4 ou 5 heures par jour. On a tourné à environ 20 minutes de route au Nord du Golden Gate à San Francisco. On était sur l’un des plus beaux ponts du monde, 2 fois par jour pour se rendre au lieu du tournage.

A : Comment as-tu rencontré Harrison Stafford et Groundation ? Roger L.H. :

Je ne me rappelle plus exactement de notre première rencontre. Nous sommes devenus de proches amis au lycée, vers l’âge de 15 ans. Je me rappelle l’avoir croisé avant ça mais c’est à cette époque que nous nous sommes rapprochés. J’ai rencontré Groundation peu après leur formation.

A : Comment as-tu procédé pour l’écriture du script ? Roger L.H :

Harrison et moi, on s’est assis, on a mis la chanson et on a commencé à écrire. Harrison et Marcus avaient déjà pensé à la structure du clip et m’en ont parlé. Mon boulot c’était de puiser dans l’histoire pour ajouter visuellement de l’émotion à la musique. J’ai aussi essayé de travailler avec les paroles et j’ai demandé à Harrison ce qu’il voulait dire avec certaines d’entre elles et nous avons abouti à plusieurs concepts qui permettent de diffuser ces thèmes.Par exemple, les paroles « I love them and they do too », où on voit de nombreux Héros sur la colline, sont supposées montrer le chemin du héros ou tous les chemins possibles et en même temps, le héros est supposé te représenter toi, moi, tout le monde pendant un voyage spirituel. Ce voyage est différent pour chacun. Certains s’arrêtent en cours de route. Certains regardent où ils en sont et regardent leur avenir mais décident de faire marche arrière. Certains regardent en arrière et voient où ils ont déjà été, et décident d’avancer. C’est le sujet de cette partie.

A : A ton avis, quel est le message de “What Could Have Been” ? Roger L.H :

Comme je l’ai dit avant, c’est le voyage spirituel de tout homme et de toute femme, ce que Joseph Campbell a appelé « le voyage du héros ». Le voyage intérieur. Dans cette vidéo, on voit le voyage juxtaposé avec des images de la guerre atomique. Certains pourraient se demander pourquoi on a mis ces images, et ce qu’elles ont à voir avec le voyage spirituel. Voilà comment je vois les choses : si chaque personne regardait vraiment en elle-même et suivait ce chemin, elle verrait que la guerre n’est pas une option. Collectivement, les gens peuvent être détournés de leur route, mais si on opère un changement spirituel en nous-même, on finit par aider les autres à changer, qui en aideront d’autres à leur tour, etc… « What Could Have Been » parle de commencer ce changement, un changement personnel, individuel, spirituel qui aiderait l’humanité à s’éloigner de l’agression.

A : L’homme sur la pochette de “Upon the bridge” est noir. Dans le clip il est blanc. As-tu discuté de ça avec Harrison ou bien est-ce juste un détail ? Roger L.H :

Oui, nous en avons discuté. Nous avons pensé que ce n’était pas très important. Nous voulions vraiment que Dan Esser soit le Héros. Nous ne pouvions penser à personne d’autre pour ce rôle, il fallait que ce soit lui.

A : Dans le futur, comptes-tu tourner d’autres clips avec Groundation ? As tu d’autres projets ? Roger L.H :

Oui, je tournerai avec eux autant que je pourrai. J’essayais de convaincre Harrison de faire un clip depuis des années. Je voulais en faire un pour « Fourth Dimension » sur « We Free Again ». J’avais plein de super concepts. C’était juste le bon timing pour que celui là se fasse.

Oui, je viens de monter un EPK (Electronic Press Kit) à partir d’un documentaire d’un réalisateur français avec les rushs des lives, de maquettes, photos et animations. Je suis aussi en train de réviser le script pour le film « Upon the bridge ».Je travaille également sur un documentaire en long format, que je réalise, co-produit avec Harrison au sujet du reggae roots et du mouvement rasta en Jamaïque. Il comporte Joseph Hill de Culture, Israel Vibration, The Wailers, The Congos, et d’autres. Vous pouvez voir le trailer -ici-.

Merci, Roger Landon Hall

Interview réalisé par Antoine de Groundation.