Hawaii 2004 Online Arts

Groundation n’est pas le cliché du groupe reggae roots, aussi bien en apparance que sur le fond. En oûtre, avec la sortie de leur quatrième album, We Free Again, et leur récent retour de leur tournée européenne, aclamée par la critique, Groundation a solidement cimenté sa place parmis les poids lourds de la musique moderne.

Groundation, un nom qui signifie essayer de mettre tout le monde au même niveau pour pouvoir parler librement, a été formé par trois étudiant de jazz en herbe en 1998 dans une petite ville du nord de la Californie répondant au nom de Sonoma.

« Ryan (Iron) Newman (basse), Marcus Urani (claviers), et moi étions tous à la Sonoma State University pour étudier et se spécialiser dans le jazz, » dit Harrison Stafford, le chanteur/auteur et guitariste du groupe. « La façon dont on voit le jazz est la même que celle dont on voit le reggae: cette écoute improvisée, ce truc de raconter des histoires, où nous ne sommes pas juste assis derrière à jouer, mais où nous essayons de ressentir le moment. »

Les trois membres fondateurs ont rapidement été rejoints par David Chachere à la trompette, Kelsey Howard au trombonne et Paul Spinna à la batterie en 2001 pour étoffé leur style de reggae insufflé de jazz.

Comme le reggae répondait directement à l’émancipation de l’asservissement et de l’oppression du peuple noir, l’authenticité d’un groupe reggae uniquement composé de blancs est une question légitime. Mais le son original et les lyrics (paroles) intensément spirituelles et socialement conscientes de Groundation suscitent beaucoup de respect dans la communauté reggae.

« On n’a pas choisit le reggae, c’est le reggae qui nous a choisit, on a été attiré par lui en quelque sorte, » dit Stafford. « On jouait dans des combos de jazz et une minute après on se repliait dans une petite salle de répétition de Sonoma State pour apprendre Two Sevens Clash de Culture, l’album en entier. »

Stafford se souvient du reggae comme étant la première musique qu’il ait jamais entendu, étant jeune, par l’intermédiaire de son grand frère. Il attribut sa passion pour le reggae et son évidente compréhension de la situation des gens dans ses lyrics au fait qu’il se plonge dans la véritable culture de la musique en passant du temps dans des endroits comme l’Afrique ou la Jamaique. Sa quête de comprendre totalement les origines de la musique a finalement conduit Stafford à devenir le professeur à la Sonoma State University de 1999 à 2001 du seul cours sur l’histoire du reggae jamais dispensé à l’université aux Etats-Unis.

« C’était clairement tâche difficile que de les convaincre que le cours avait sa place à l’université et de leur faire comprendre que j’étais le bon pour le dispenser, » dit Stafford. « J’ai fait ça pendant un an et demi, et depuis la musique est devenue vraiment forte… c’est là où on en est. Il se passe juste que la musique nous emmène à travers le monde. »

Alors que travaillant pour établir une base solide de fans en Amérique du Nord, le message de Groundation a déja bien atteint l’Europe. Groundation est revenu recemment de leur première tournée européenne pendant laquelle 17 de leur 22 concerts affichaient complets avec des fans qui chantaient mot pour mot leurs lyrics en anglais.

« L’Europe était super, les gens étaient vraiment prêts pour de la musique, » dit Urani. « Beaucoup de gens avaient le CD ou nous avaient entendus à la radio, donc ils étaient là genre ‘on attendait que vous veniez les gars’. Il y avait une vibe énorme. »

Le troisième album de Groundation, Hebron Gate, a été nominé pour le Germany’s World Music Award dans un cérémonial comparable aux U.S. Grammy’s, les installant comme de véritables ambassadeurs de la musique reggae.

« Ca nous fait plaisir car on marche sur un chemin que personne n’a emprunté, notre propre chemin, et on nous adopte pour cela, » dit Stafford. « Ca nous rassure que la musique parvient aux gens, car ensuite on réalise qu’on doit continuer, continuer à pousser les choses. »

Ce chemin leur a déja permis d’enregistrer avec quelques uns des plus grands artistes de l’histoire du reggae. Dans leur dernier album, We Free again, Groundation a sollicité l’aide d’Apple Gabriel, l’un des membres fondateurs du légendaire groupe de reggae Israel Vibration. Ils ont aussi encore une fois recruté la voix inimitable du pionier Don Carlos, qui a égalament contribué à l’album Hebron Gate. Stafford décrit les deux hommes comme deux « incroyables » présences dont il est reconnaissant d’avoir pu travailler avec.

« Ca nous aide vraiment de savoir que Don et Apple adorent notre son, notre musique; et ils sont si humbles, de grands hommes qui sont dans la lutte depuis si longtemps, » dit Stafford. Le son qui met Groundation à part, Urani nous explique, est un éclectisme des styles entre tous les membres qui donne au groupe une profondeur musicale où puiser constament. Il dit que le groupe communique à travers un genre de langage musical qui, ajouté aux lyrics profondément conscients de Stafford, crée quelque chose que les autres groupes de reggae n’ont simplement pas.

« Les gens pleurent et versent des larmes par la musique, les gens se réjouissent par la musique, donc la musique est très sèrieuse et relativement exigente envers les gens, ainsi sont nos lyrics et notre point de vue social, » dit Stafford.

« Mais c’est à 100%, c’est pas comme si on faisait quelques chansons divertissantes. C’est ce que nous faisons. Nous racontons des histoires qui parlent de nous, des gens, de la société qui évolue… consciemment, pas n’importe comment. »

Aller voir si Groundation passe dans une ville près de chez vous puisqu’ils entamment leur Music Is The Most High Tour avec Apple Gabriel et Don Carlos (grrrrrr ca s’est pas fait pour Don Carlos lol… ndm) en avril prochain avant de faire une série de concerts en Europe.

« La tournée avec Don Carlos et Apple sera une tournée en Amérique du Nord, » précise Urani. « On adorerait pouvoir revenir à Hawaii »

Traduit par Ludovic A. (natty j.)


 

Linda Gampert’s Blog

Juste « là pour le moment »

Albert « Apple Gabriel » Craig est originaire de Jamaique et a traversé dans sa vie des difficultés que peu de musiciens ont éprouvées. Comme avoir attrapé la polio à l’âge de trois ans et avoir eu à endurer une couverture brûlante en guise de « traîtement ». Ses années passées avec Israel Vibration ont fait de lui un des noms les plus respectés dans le reggae, et il continue à inspirer les gens, comme par exemple les membres de Groundation.

Le groupe a été formé en 1998 à la Sonoma State University en Californie par les musiciens Marcus Urani, Ryan Newman et Harrison Stafford. Leur album Hebron Gate a été nominé aux Germany’s World Music Award et a reçu un excellent acceuil dans le monde. Leur tournée actuelle suit la sortie de leur quatrième album, We Free Again, qui a été acclamé par la critique. Il mélange des éléments de jazz et de dub avec le reggae.

Le chanteur de Groundation, Stafford, nous a donné un peu de son temps pour parler avec nous alors qu’il était à Oahu. Il décrivait le chanteur Apple Gabriel comme une « bénédection musicale » et ajoutait que tourner avec lui a été positif pour le groupe. Travailler avec Gabriel pour leur dernier album a permi à Groundation de « repousser les barrières » et de continuer à faire une musique unique qui bouge les gens d’une façon que seule la musique peut le permettre.

Que trouvez-vous unique à Maui et chez ses habitants ?

« Maui semble avoir un vraiment bon équilibre, » dit-il. « Si tu veux grimper au sommet de la montagne et simplement être dans cet endroit spirituel, c’est comme ton jardin. »

Ensuite j’ai demandé à Stafford comment les concerts hawaiiens différaient des concerts californiens.

« La plus forte vibration dans le reggae est en Europe et à Hawai’i, » dit-il. Il ajouta que les gens à Hawai’i sont à un « niveau plus conscient vis à vis de la musique. »

Stafford voit les gens de Maui comme étant « des gens qui aiment la vie », qui sont « connectés à l’océan, » qui restent à l’écart des choses négative de la vie et qui « choisissent consciemment d’encourager les vibrations positives. »

Groundation ne s’interesse pas au grand succès, comme gagner la célébrité à travers MTV, dit-il. « Nous donnons nos vies à la musique, » ajouta t-il. Il pense que MTV a une représentation « négative » des femmes et des minorités. « C’est pour ça que tu ne vois pas de reggae à la télé, » dit-il.

Négative? bien sûr il y a de la violence, des drogues, Paris Hilton… Mais pour la plupart c’est inoffensif, non?

Pas vraiment. Stafford dit que le reggae s’approprie et célèbre les aspects positifs de la vie. C’est tout en rapport avec l’énergie positive et l’amour – pas à la façon stupide et crûche des films de minettes ou des rigolos fashion victims, mais n’être qu’un peuple, sans s’occuper des différences.

Mais le reggae ne revendique pas seulement l’énergie positive, mais aussi le fait de connecter les gens, les relier à la terre, et ainsi ouvrir des voix de communication – ce qui est l’origine de leur nom « Groundation ». Parce qu’une fois que c’est arrivé, les gens ont l’inspiration de faire quelque chose de génial de leur vie.

« Tout ce qu’on a c’est la vie, » m’a t-il dit. « On est là pour le moment. »

Traduit par Ludovic A. (natty j.)