Feeling the changes (Sentir les changements)

Le fait que le reggae porte autant sur le message que sur le son n’est pas nouveau; chaque fan de cette musique sait que cela est vrai. Mais ce savoir – et cette adhésion aux principes qui sont encrés dans le reggae – sont généralement camouflés par la vibe, par l’apparance, et bien que ce ne soit pas nécessairement une mauvaise chose, ça peut porter atteinte au message, la racine du roots reggae.
En tant que champions du vrai son, le roots reggae, Groundation, un groupe composé de 10 musiciens basé à Sonoma, s’efforce de garder tout ça réel, malgré les mauvaises langues. Avec une histoire qui date de quelques années seulement, Groundation s’est originelement formé dans le cursus jazz de la Sonoma State University, duquel la plupart des membres du groupe sont diplomés. Le leader naturel de Groundation – le guitariste et chanteur Harrison Stafford, natif de la East Bay Area, a enseigné l’histoire du reggae pendant quelques années, et est sur le point d’enseigner le même cours à la UC Santa Cruz.
« Le joueur de basse et moi même jouons ensemble du jazz depuis qu’on est tous les deux venu vivre ici il y a environs cinq ans, » explique Stafford de sa maison à Ronhnert Park, où est localisée la Sonoma State University. « On a ressenti le besoin de démarrer ici un truc roots reggae, parceque c’est ce que je joue et chante depuis toute ma vie, depuis que je suis très très jeune: c’est la première musique que j’ai jamais entendue. »
Au début, c’était Stafford, Ryan Newman, le joueur de basse avec qui Stafford jouait du jazz, ensuite le claviéiste Marcus Urani, le batteur James Stafford – aucun lien de parenté – et le reste du groupe suivit. En tant que groupe complet, Groundation est strictement un groupe de roots reggae, pourvoyeur de ce profond son reggae à son niveau le plus basique. C’est un hommage au genre de musique joué par des artistes comme Peter tosh ou Bob Marley. En fait, Groundation a réalisé un album hommage à Bob Marley, et chaque mois de février, prépare un spéctacle composé de chansons de Bob Marley pour honorer l’anniversaire de la plus spirituelement puissante et emblématique figure de l’histoire de la musique – tout genre confondu. « L’album hommage est quelquechose qui est disponible pour les personnes qui le désirent, mais habituelement, on le donne, on l’a sur le net en mp3, des trucs comme ça, » explique Stafford. « Chaque mois de février, on se rassemble, formons un groupe d’à peu près treize personnes et apprenons habituelement environs 40 chansons de Bob Marley – elles sont toujours différentes – et on va jouer quelques concerts hommages à Marley. Le concept du truc est d’honnorer la musique, c’est ce qu’on se doit de faire. »
Mais tout ça ne dure qu’un mois dans l’année. Les 11 autres mois de l’année, Stafford et sa bande développent et travaillent leur propre son, se produisant à des concerts, répétant et enregistrant, et le but reste le même: honorer la musique et rassembler les gens.
« C’est essayer de faire progresser un peu les choses et essayer de mettre tout le monde sur le même sol, » dit-il à propos de la mission du groupe. »C’est d’où le nom Groundation vient – essayer de mettre tout le monde au même niveau afin que chacun puisse parler et puisse se sentir libre d’apprendre à autrui et de recevoir des autres, et non établir une hiérarchie ou n’importe quel autre type de classement. »
Tout ce processus commence à la maison pour Stafford, qui, avec l’aide de plein d’autres gens, essaie de construire une communauté Rasta au coeur de la Californie du Nord. Stafford a voyagé à travers l’Afrique et la Jamaique pour apprendre des maîtres et pour s’imprégner de la véritable culture et propager ce qu’il a appris à travers la musique. Dans le reggae, la spiritualité est primordiale pour la transmission de la vibe, et pour Stafford, il n’est pas question de remettre en cause la spiritualité dans le reggae.
« Je dirais que c’est 100% de la musique, » explique t-il, ajoutant que Groundation a sa propre identité parceque chaque membre apporte une influence différente. « La musique de Groundation est différente. Je veux dire, c’est définitivement du roots reggae, mais si tu a 5 ou 6 mecs qui sont diplomés d’une université reconnue de jazz, la musique va être différente. C’est une forme plus libre de roots reggae, plus improvisée. »
« Avec le roots reggae, premièrement, les paroles doivent être conscientes, des paroles qui élèvent l’esprit, elles doivent avoir un but et essayent de changer la situation actuelle du monde qui nous entoure, » continua t-il, expliquant les particularités du roots reggae, et comment groundation les respecte. « Musicalement parlant, je dirais que le roots est fondé sur le one-drop – le rythme basique du roots reggae. Le one-drop est le même pour la basse, où on accentue pas le temps frappé; On est définitivement orienté one-drop, et on est probablement un des seuls groupes qui fait essentielement du one-drop. Même avec des groupes comme Culture ou Israel Vibration, tu achètes un de leurs albums et tu auras peut-être une ou deux chansons qui seront one-drop. Mais Groundation est définitivement un groupe roots reggae, et les paroles sont toujours conscientes, et c’est la chose la plus importante parceque c’est la chose la plus facile à entendre pour les gens. Les gens n’entendent pas les changements d’accords ou la complexité des rythmes s’ils ne sont pas musiciens; ils les sentent, mais ils ne les entendent pas. »

Traduit par Ludovic A. (natty j.)