Interview à L’Olympia, Mars 2007

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Groundation revient en Europe en février 2007 pour donner leur cinquième tournée consécutive, 17 concerts sur 21 sont « sold-out ».
Harrison Stafford (vocals, lead guitar) et Marcus Urani (Claviers, B3) nous reçoivent à l’Olympia, très détendus, quelques heures avant leur concert-événement dans la plus prestigieuse salle de la capitale. C’est avec grand bonheur que nous évoquons l’évolution de Groundation, leur dernier album « Upon The Bridge » et leur jeunesse en Californie.

.: L’interview est disponible en version originale ici :.
.: The interview is available in original version -here- :.

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1.GROUNDATION DANS LE MONDE DE LA MUSIQUE D’AUJOURD’HUI

2.SUR UN NOUVEAU PONT MUSICAL

3. LA NAISSANCE D’UN GRAND GROUPE

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1.GROUNDATION DANS LE MONDE DE LA MUSIQUE D’AUJOURD’HUI

D’une petite salle de Bretagne à L’Olympia,
Une progression logique inscrite dans une démarche artistique authentique

Harrison Stafford :

C’est un énorme pas qu’on a fait. Nous sommes extrêmement heureux que tant de gens aiment notre musique, que tant de gens nous soutiennent dans ce que nous faisons avec Groundation, mais aussi dans ce que nous essayons de faire et dans ce en quoi nous croyons. Parce qu’on essaye de faire mieux à chaque fois, que ça soit pour les albums ou pour les concerts. En fait, ce que nous cherchons à faire est presque aussi important, si ce n’est plus, que le résultat en lui même. Nous essayons toujours de pousser plus loin la recherche musicale. Je pense que les gens qui nous comprennent et qui nous soutiennent à travers tout ça nous apportent la force pour continuer notre route, et ce en compagnie de la musique à laquelle nous dédions nos vies.

Nous sommes arrivés là, aujourd’hui à L’Olympia, avec comme point de départ ce premier concert dans cette campagne perdue en Bretagne il y a presque trois ans. Mais on était bel et bien en communion avec le public. Il y avait une belle énergie à ce concert, en cohérence avec ce qu’on est maintenant. Pour te donner une image, c’est comme si tu étais placé en haut d’une colline pour y jeter une pierre ; tu pourrais deviner d’après sa trajectoire, sa destination, celle qui est la notre depuis lors et qui nous emmène aujourd’hui ici à Paris. Et donc on joue à L’Olympia ce soir ! Une salle historique, un superbe endroit. Plus de 2000 personnes réunies. Ça va être un concert énorme c’est clair. C’est complet depuis quelque temps déjà, un mois environ je crois. Donc les gens qui vont être présents veulent vraiment nous voir et nous attendent de pied ferme, et je pense qu’ils seront prêts à recevoir notre musique. Je suis donc vraiment impatient de jouer ! Tu sais, cette première salle en Bretagne était déjà bondée. C’est sûr qu’il n’y avait pas 2000 personnes mais l’énergie comme je te l’ai dit était bien là ! J’espère que ça va être la même chose ce soir, mais en encore plus puissant ! Et j’espère que ça va continuer encore sur cette lancée et qu’il y aura encore plus de monde les prochaines fois.

En fait, on doit chercher à trouver une voie, une approche de la musique qui permette de garder une vraie proximité avec les gens. Et c’est ce qu’on s’efforce de faire. Par exemple, beaucoup de gens demandent comment on peut être proche des gens, converser avec eux, quand on joue devant 10 000 personnes et qu’on voit à peine les personnes qui sont au fond ! Mais avec notre musique, c’est différent, on communique profondément avec le public. Et donc je pense que c’est vraiment possible de captiver l’attention de tout le monde. On a joué des concerts énormes au Maroc, en Amérique du Sud, devant plusieurs dizaines de milliers de personnes et tout le monde était entraîné par notre musique.

Une percée dans une période désenchantée

Harrison Stafford :

c’est vrai que les choses sont allées vites. Et on en est vraiment heureux. Et particulièrement par les temps qui courent, où c’est vraiment dur pour les musiciens. On vient juste de déjeuner avec Patrick et Bruno de Nocturne (ndt: la maison de disques de Groundation basé en France) et les ventes sont vraiment bonnes. Mais de manière générale, les ventes chutent dans le marché de la musique.

Selon moi, un temps est révolu. Tu vois, j’adore Sergent Pepper’s des Beatles,Dark side of the moon de Pink Floyd. Ces albums n’existeraient plus aujourd’hui ; de nos jours aucun musicien n’est prêt à passer 6 mois de sa vie et un million de dollars à enregistrer un album qui risque de ne pas se vendre. Et c’est vraiment dommage parce que j’aimais la magie de ces albums. En ce qui nous concerne, on donne tout ce qu’on a, ce qu’on a appris et intégré de ces grands musiciens et de ces grands groupes. Mais c’est un peu comme si on était face à un mur. Il n’y a aujourd’hui plus de nouveaux formats comme il y a eu les 45 tours, les cassettes audio puis les CDs. Tout le monde a sa musique sur ordinateur et je vois mal un nouveau format qui dépasserait le CD et qui amènerait les gens à acheter leur musique en magasin. Parce que si un nouveau format venait à arriver, la musique serait gravée ou mise sur internet. « Est-ce que tu crois que ça tue votre musique ? » Non, pas vraiment mais on a quand même été handicapés d’une certaine façon. Si on ne devait dépendre que de nos albums pour vivre, on ne survivrait pas, on ne gagnerait pas d’argent. On aurait fait un seul album et c’aurait été fini. Parce que, à moins de pouvoir partir en tournée, et partir souvent, on ne gagne plus sa vie de nos jours.

Les incroyables performances d’Harrison ou la nécessité d’une hygiène de vie rigoureuse


Harrison Stafford :

En fait, je conçois ma voix comme une boîte secrète que je garde en moi.

J’essaie également de ne pas faire trop d’interviews ou ce genre de choses parce que parler peut parfois être plus fatigant que chanter. Et donc c’est clair que le bus à couchettes qu’on a pour cette tournée m’aide beaucoup, car avant, on dormait à l’hôtel toutes les nuits après des heures assis dans un vieux bus. Et à l’hôtel, je passais parfois la nuit à parler avec David Chachere, le trompettiste du groupe, qui partage la chambre avec moi en tournée. Donc c’est vraiment mieux avec ce nouveau bus. Ma préoccupation principale en tournée c’est ma voix, d’être en mesure de jouer chaque concert de mon mieux. Par exemple, je n’ai pas l’habitude de faire la fête après les concerts ou de rester veiller tard, ou bien de visiter le coin et de me promener quand on a un jour de repos. Même si j’en ai envie, je ne le fais pas, car je suis là pour chanter et jouer notre musique. Tu vois, tu dois prendre ce genre de décision et pas mal d’artistes font la fête et seront donc peut-être capables de bien chanter les premiers jours de la tournée mais ils n’ont pas en tête les semaines suivantes où il faut encore et toujours être d’attaque. Donc tu dois réfléchir à ce que tu veux vraiment, et toujours avoir en tête que tu dois à chaque fois jouer la musique de ton mieux.

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2. SUR UN NOUVEAU PONT MUSICAL


 De la création musicale classique à l’improvisation

Harrison Stafford :

En fait, que ce soit moi qui travaille sur une chanson, que ce soit Marcus (ndt : le claviériste de Groundation) ou Ryan (ndt : le bassiste de Groundation), ou que ce soit l’ensemble du groupe, tout est basé sur l’improvisation. Désormais, je n’écris plus les chansons en pensant « Cool, j’aime bien ces accords là ! », pour ensuite les noter sur une feuille. Ou bien encore, je ne procède plus en me disant « Ok, ça c’est le début de la chanson, génial, ça sonne bien ! Ok, j’ai une bonne rime, quelle va être ma prochaine rime ? ». Tu vois, je n’aborde plus la musique de cette manière. J’essaie juste de rester le plus ouvert possible à la musique, aux mélodies, aux paroles, ou à toute idée que je peux avoir en tête. Cela vient plus naturellement et c’est original. Et je crois que c’est vraiment ce que je veux. Je ne crois pas en l’idée de passer des heures par jours pour améliorer un passage. C’est en se relaxant, en s’ouvrant totalement, que les meilleures choses viennent.

Upon the Bridge, un album venu sans calcul

Harrison Stafford :

Notre dernier album, Upon the Bridge, est le fruit de beaucoup d’improvisations. Par exemple, Marcus pouvait arriver et me jouer un truc qu’il venait de trouver. Ensuite on allait chez lui, on actionnait l’enregistreur, on commençait à jouer les accords et je me mettais à chanter par dessus. Tu as des choses comme la chanson Nonbelievers qui ont découlé de cette façon de procéder. Et puis, au bout d’un moment, tu regardes tout le travail effectué, 25 chansons peut-être. Et il est alors temps d’examiner pour chacune, leur rapport éventuel avec le voyage sur le Pont évoqué à travers l’album, et qui mène vers un endroit meilleur. Et donc là, on analyse les chansons. Tu as par exemple le « nonbeliever » (ndt: non-croyant) qu’on rencontre sur le Pont et qui lui aussi fait ce même voyage. On voit que ce qu’on cherche depuis le début n’a rien à voir avec ce que veut et ce qu’est ce « nonbeliever ». C’est le début de la chanson.

En fait, après 3 ou 4 chansons, le concept se dégage plus clairement. On pourrait dire que ton esprit commence à penser par rapport à cet univers. Et alors, si on fait quelques jams avec le groupe, mon esprit se focalise sur ce voyage et je peux chanter avec la vibe qu’il faut. Et
quand quelque chose de beau sort de ça, c’est un grand moment. Quand tu vois que ça prendre forme, tu commences à avoir une vision claire du concept de l’album. Je ne pourrais pas trop t’expliquer pourquoi, mais c’est déjà là, tu vois. Je n’aime pas tout penser et tout définir dès le début. En fait les choses, je ne sais pas trop comment, viennent en moi au moment opportun, et cela prend une forme toute particulière. Et ce n’est pourtant pas quelque chose d’abstrait ou de bizarre qui n’a aucune connexion avec le réel, au contraire. Voila, c’est comme ça que ça c’est fait en tout cas, et j’en suis très heureux. Donc peu importe de savoir d’où ça vient finalement, l’essentiel étant de laisser les choses venir s’exprimer en toi et de les développer.


 Un album qui reflète la vie

Harrison Stafford :

On s’efforce toujours de garder un équilibre dans la musique. Mon but n’est pas de chanter constamment sans réfléchir. Et je pense que cet album est notre meilleur travail à ce jour, pas seulement dans cet équilibre entre les parties instrumentales et les parties chantées, mais aussi dans l’équilibre entre les moments très intenses et les moments plus relax. Aujourd’hui, tu achètes un album, et les chansons s’enchaînent sans vraiment de logique derrière. Tu prends tout en pleine figure sans comprendre ce qui se passe. Par exemple, à l’origine, il y avait une douzième chanson prévue pour l’album, Distant Trial (ndt : qu’on peut trouver en vinyl ou sur les sites de téléchargement légaux). Mais un jour, on a essayé de l’enlever et d’écouter le reste pour voir ce que ça donnait, et là, tout le monde s’est dit : « c’est l’album, ce sont les onze chansons d’Upon the Bridge! ».Nous essayons donc de créer des moments relax et en cohérence avec l’ensemble, pour vraiment prendre le temps de développer une idée et d’ensuite pouvoir rebondir dessus, exactement comme dans la vie.

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Marcus Urani :

L’album représente la vie, tu vois. Le voyage sur le Pont est une partie de nos vies. C’est une partie de la vie de chacun.

Harrison Stafford :

Oui dans la vie, on traverse des périodes intenses qui nous submergent. Et on a aussi des moments où l’on se sent seul, des moments où l’on est calme. Et donc il y aussi ces moments là dans notre musique. Moi même, Marcus et les autres nous imprégnons donc du son des années 60 ou 70 où la musique représentait vraiment la vie, alors qu’aujourd’hui, la musique devient un produit comme un autre, souvent conçue pour plaire au plus grand nombre le plus rapidement possible et pour passer à la radio.

Une génération sur le Pont

Harrison Stafford :

On vient de Californie, mais on est sans doute plus souvent en Europe, en Amérique du Sud, ou dans d’autres pays encore, qu’en Californie. On voyage donc à travers le monde, et on « bridge » les gens, on comble le fossé qu’il peut y avoir entre eux. C’est-à-dire que nous parlons ou jouons notre musique à des gens comme toi partout dans le monde, des personnes qui croient encore en l’avenir ou bien qui sentent une étincelle dans
la musique de Groundation, ce qui peut ainsi leur donner un espoir pour le futur, pour de beaux lendemains. Donc voila ce que nous essayons de faire à travers notre musique et à travers nos tournées dans le monde. Et l’expression « to be upon the bridge », être sur le Pont prend tout son sens.
Et l’autre sens est lié au fait qu’on est, en tant que société, en tant que peuple sur cette planète, sur un Pont, avec nos dirigeants, notre air, et tout ce qui peut se passer en ce moment. Notre histoire est très floue. Nous avons donc ce passé, et nous nous dirigeons vers un futur non encore défini. Il semble que le moment présent soit très instable. Il semble que la fin du monde puisse aussi bien être dans 5 ans que dans 5000 ans. Et donc les choses que font et vont faire notre génération sont cruciales. Il y a des erreurs à ne pas commettre qui pourraient directement faire
effondrer ce Pont… Nous ne sommes pas sur un sol solide.

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(Photo : Reggaelution.net)

3. LA NAISSANCE D’UN GRAND GROUPE


Les années à la Sonoma State University

Harrison Stafford :

Nous (la plupart des membres de Groundation) nous sommes rencontrés pendant le cursus à la Sonoma State University en Californie, dans laquelle nous avons étudié le jazz de 1996 a 2000. Les cours étaient intenses et beaucoup de gens ont déposé leurs instruments et ne sont jamais revenus à l’université.

Marcus Urani :

Le jazz est difficile. C’est très vaste, il y a beaucoup de sous catégories. Tu peux par exemple passer ta vie entière à apprendre le bee-bop ou le swing. Mais il y tellement de choses après… Miles Davis, John Coltrane ou encore Herbie Hancock. La liste est longue et évolue en permanence,
la musique change beaucoup, mais tout est connecté. Elle forme un tout. Donc voilà, je jouais 12 heures par jour. C’est la musique, c’est notre passion à tous et chacun de nous cherche constamment à progresser. Et à l’université, on a appris énormément en très peu de temps. Très intense, oui.

Harrison Stafford :

Il y avait Mel Graves, le directeur du département jazz. Il y avait aussi George Marsh, le prof de batterie, Randy Vincent, le prof de guitare et Jeff Pittson, le prof de piano. Tous de grands professeurs et grands musiciens. Mel disait : « Je vais vous donner pendant ces quatre prochaines années des choses qui prennent plus d’une vie à intégrer. Donc je vais être très dur avec vous les gars ! ». On a tellement d’histoires sur Mel ! Il nous stoppait à chaque fois que l’on faisait la moindre petite erreur, rien de pire quand tu joues de la musique ! Puis ensuite, une fois les cours finis, on
s’entraînait à la maison car on avait plutôt intérêt à être meilleurs le jour d’après !

Marcus Urani :

Mel nous a appris beaucoup de concepts en fait, des éléments cruciaux pour notre métier de musicien. Des choses auxquelles je ne me
suis pas tenu immédiatement mais qui sont restées en moi jusqu’à maintenant. Il disait souvent que la musique est un voyage. Et la vie est un voyage également. Donc on doit respecter cela, respecter la musique, prendre son temps et prendre du recul vis à vis de notre évolution pour savoir ce qu’on veut faire dans 2 ans, où on veut en être musicalement dans 3 ou 4 ans par exemple. Alors quelles étapes dois-je parcourir chaque jour pour arriver à ce que je veux dans le futur ?

Et on doit être capable de répondre à cette question.

Je suis aujourd’hui très heureux qu’il nous ait appris tout ça car ce n’est pas forcément naturel de raisonner comme ça. C’est un chemin épuisant mais si passionnant ! Ces concepts sont essentiels car les choses que nous faisons avec Groundation sont fondées là dessus. Par exemple, nous avons déjà quelques idées de ce que nous voulons faire d’ici nos trois prochains albums, et nous empruntons donc dès maintenant les étapes qui vont nous mener à l’accomplissement de ces idées.


Le voyage d’Harrison au Zimbabwe, la maturation personnelle et artistique d’un jeune américain

Harrison Stafford :

J’avais 17 ou 18 ans quand je suis parti au Zimbabwe. J’y suis allé sans savoir ce que je voulais vraiment tirer de ce voyage, mais je voulais tenter cette expérience. Ce que j’ai finalement tiré de ce voyage est une façon de voir le monde et de sentir les choses que beaucoup de gens n’ont jamais eu l’occasion d’expérimenter. On obtient ça des personnes qui sont là-bas, le peuple Shona, un des premiers peuples de cette terre. Ils pouvaient dire devant un énorme rocher : « Oh, regarde cet immense dieu-éléphant », et ils le voyaient vraiment dans la pierre, ils le sentaient vraiment. Ils parlent en utilisant ces termes et croient aux pouvoirs des Bushmen.

Ils ont donc vraiment une approche de l’esprit et de la nature inconcevable pour la plupart des américains. Néanmoins, cette approche est
intéressante ! Mais une fois qu’on est séparé depuis des générations de cette sensibilité, elle devient inaccessible. On lui a tourné le dos depuis si longtemps qu’on ne peut pas en voir la lumière, mais la lumière brille toujours.

Et donc, j’ai beaucoup chanté lors de ce voyage, j’ai fait beaucoup de musique, j’ai été inspiré. Ils croient en l’infinité de la créativité, j’y crois moi aussi. Je sens cette source infinie circuler en moi. Donc je suis très heureux d’avoir fait cette expérience et je pense que ce sont ces moments qui ont forgé tout ça en moi. Il y a eu beaucoup d’autres voyages, beaucoup de lectures aussi et d’autres choses encore qui ont fait ce que je suis aujourd’hui. Je me suis vraiment imprégné de ce genre d’expériences et cela m’a changé.

Ce besoin de faire quelque chose pour le monde

Harrison Stafford :

Il est très important de réaliser qu’il y a dans ce genre de pays des gens très pauvres, sans aucune issue de secours, avec des
conditions de vie très difficiles. Et cela m’a clairement fait pensé : « Ok, on va faire quelque chose pour ces gens ». Tu vois, quand tu viens des Etats-Unis, ta position représente richesse et prospérité. Donc, quoi que tu fasses dans cette vie, tu dois essayer de faire tout ce que tu peux pour
ces gens parce qu’ils n’ont pas les mêmes chances que toi. J’ai senti le besoin et la nécessité de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour la cause humaine car j’ai vu des gens souffrir pour des raisons qui viennent exclusivement de problèmes économiques et des conséquences du colonialisme.

On n’a qu’une seule vie, et je veux la donner. George Jackson a affirmé cela dans un livre. Il a été fait prisonnier à l’âge de 16 ans et pour le reste de sa vie. Il a notamment écrit à ses lecteurs qu’un très sérieux combat se mène dans la vie. Et si tu le ressens, tu dois dédier ta vie à ce combat. C’est ce qu’il a dit et mon esprit a dit : « Oui ».

Propos recueillis par Antoine pour Groundation.fr- le 1er Mars 2007
Avec l’investissement et l’aide précieuse de Ludovic (Natty Jah).

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(Ludovic, Harrison, Antoine, Marcus dans les loges de l’Olympia)

Je remercie tout particulièrement Aurore Hainaux et Fred Lachaize de Music’Action, Pilou, Daniell from Cali et Clio.